En marge de la détention arbitraire de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal dans une prison algérienne, Noëlle Lenoir (ancienne ministre française et membre du comité de soutien) revient sur la situation extrêmement précaire des chrétiens en Algérie. Un de ses espoirs est que l’écrivain soit libéré pour raisons de santé et en raison de son âge. « Nous ne voulons pas entrer dans un marchandage avec le président Tebboune. Il n’y a aucune raison de négocier la libération d’un intellectuel pacifique de 80 ans, atteint d’un cancer. »
21News : Ce durcissement des relations franco-algériennes ne risque-t-il pas de nuire à sa libération ?
Noëlle Lenoir : Le problème est que le gouvernement algérien a fait de la France son ennemi. Il y a de la haine contre la France. En accusant Boualem Sansal d’ »intelligence avec une puissance étrangère », ils le placent au cœur d’un conflit diplomatique. Le Quai d’Orsay et Emmanuel Macron ont tenté de renouer le dialogue, mais sans succès. Aujourd’hui, la question est de savoir jusqu’où Alger est prêt à aller. Boualem Sansal, en raison de son âge et de son état de santé, est dans une situation extrêmement précaire. Si son état se dégrade, la responsabilité de l’Algérie sera lourdement engagée.
Nous, comité de soutien, insistons sur trois points :
- C’est un prisonnier d’opinion.
- Il y a une urgence humanitaire : il a 80 ans et un cancer.
- Il n’a aucune raison d’être pris en otage dans les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.
Nous n’abandonnerons pas. Boualem Sansal est un écrivain français, l’un des plus grands défenseurs de la langue française et de la laïcité. Son dernier livre s’intitule Parlons français – tout un symbole.
21News : Y a-t-il une possibilité que le régime algérien le libère pour raisons de santé ?
Noëlle Lenoir : C’est une possibilité. Notre rôle, en tant que comité de soutien, est de mobiliser non seulement les politiques – ce que nous avons fait avec les résolutions adoptées au Parlement européen et à l’Assemblée nationale française – mais aussi la société civile.
Il ne doit pas tomber dans l’oubli. Nous le considérons comme un otage, au même titre que ceux détenus en Iran ou par le Hamas. Certes, il est sans doute mieux traité qu’eux, mais il reste un prisonnier d’opinion.
Nous voulons maintenir la pression médiatique, comme cela avait été fait en 1986 avec les otages français au Liban. À l’époque, on en parlait tous les jours à la télévision. Aujourd’hui, nous veillons à ce que Boualem Sansal reste un sujet d’actualité en France.
Nous organisons des événements de soutien dans de nombreuses villes : Strasbourg, Nice, Marseille, Saint-Raphaël,… Son comité de soutien compte 1 300 membres, dont une grande partie du Sénat, de nombreux députés de l’Assemblée nationale, les deux anciens Président de la République, un grand nombre d’anciens Premiers ministres, des intellectuels de tous horizons. Même la presse française, quelle que soit son orientation politique, réclame unanimement sa libération. Parmi nos membres, on compte par ailleurs une vingtaine de nationalités.
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