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Karine Lalieux, ancienne ministre des pensions : « Au PS, une envie de renouveau »

par Maxence Dozin

Le Parti socialiste, suite à la défaite électorale du juin dernier, est en refondation. En témoigne cette initiative du Boulevard de l’Empereur d’avoir convié, ce samedi, ses militants et autres sympathisants à une demi-douzaine de débats, baptisés, « Sans tabou ». 21News était présent à celui organisé au Café Central (centre-ville de Bruxelles), où l’ancienne ministre des pensions Karine Lalieux a bien voulu partager avec nous ses sentiments sur cette période charnière pour le Parti Socialiste.

21News : Pouvez-vous nous expliquer ce qui a poussé les responsables du parti à mettre sur pied cette opération, et en quoi cette dernière consiste ?

Karine Lalieux : Il y a au départ un constat, effectivement, que le Parti Socialiste se trouve dans une certaine période de souffrance dans les sondages et aussi, comme en témoignent les élections de juin, en termes de résultats électoraux. D’autre part, la société évolue très rapidement, avec une droite et une droite extrême de plus en plus présente en Europe – et dans le monde, avec une forme de brutalité des débats que cela implique, dans le chef de certains femmes et hommes politiques, au niveau international, comme au niveau belge.

La communication, en outre, a fortement évolué, notamment si l’on observe les « nouveaux médias » où les gens consacrent quelques secondes au plus à écouter un message puis « zappent ». C’est le règne de l’instantané, avec un populisme très présent, où les gens ne s’accommodent plus de complexité. Or, le monde est, par essence, complexe. Mais les gens attendent des solutions, donc il faut naviguer avec ces différents paramètres.

Et puis, peut-être, notre projet qui ne passe plus auprès de la population, ou qui est mal compris. Peut-être n’avons-nous pas assez mis en avant certaines de nos valeurs, comme la valeur travail, vu que l’on nous a reproché pendant toute la période électorale d’être trop aux côté des personnes non actives, que cela soit les pensionnés, les personnes sans emploi ou celles qui émargent au CPAS.

Brutalité du discours

La proximité a aussi peut-être joué un rôle ; on nous a reproché – nous, les élus –, de n’être plus assez aux côtés du peuple, de la société civile. Il faut donc retisser tous ces liens, et le travail commence en interne ; nous sommes forts de nos militants, nous sommes encore un parti de masse et nous pouvons capitaliser là-dessus. Mais peut-être au cours des différentes crises que nous avons vécues (crise bancaire, crise COVID, crise de l’énergie), et notre présence au pouvoir faisant, nous avons peut-être perdu un peu le contact avec une partie de nos militants.

Mais aujourd’hui, la crise faisant, qu’elle soit nationale ou mondiale, avec toute la brutalité de discours que cela implique, nous devons nous reposer des questions et retravailler ensemble pour avancer, sans renier nos valeurs de solidarité : nous sommes un parti progressiste de gauche, cela, on ne va pas le renier.

21News : Les valeurs du parti, justement, quelles sont-elles aujourd’hui ?

K.L. : Aujourd’hui, les valeurs du parti, ce sont la solidarité, l’égalité, le progressisme ; c’est l’égalité hommes-femmes, entre autres choses. Par progressisme, on entend une lutte contre le conservatisme tel qu’il se définit aujourd’hui, notamment dans le chef de leaders comme Trump, par exemple par rapport aux droits des femmes, aux droits de toutes les minorités, qu’elles soient sexuelles, raciales, religieuses. Cela va rester le cœur de notre projet.

Il faut expliquer aux gens que ce projet est un projet visant une société d’équilibre où on ne confronte pas les gens entre eux, mais on essaye d’avancer les uns avec les autres, nonobstant, je le répète, les origines et les identifications partisanes de chacun, le tout pour arriver à une société plus juste, plus égalitaire. Ceci, histoire que nous ne soyons pas considérés comme des « has been » dans un monde totalement individualiste alors que nous voulons justement construire un monde plus juste, plus égalitaire.

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