La chute des indices phares s’est poursuivie ce vendredi, tant sur le Vieux continent qu’aux États-Unis. Elle est accompagnée d’une annonce : les Européens entendent bien négocier la salve de droits de douane décrétée par Donald Trump. La Chine, de son côté, réplique sans tarder.
Pékin a en effet annoncé vendredi sa décision d’imposer des droits de douane de 34% sur tous les échanges de marchandises en provenance des États-Unis, et ce à partir du 10 avril. En conséquence, les marchés boursiers ont connu une séance extrêmement nerveuse sur tous les continents. L’indice majeur des marchés européens, le Stoxx Europe 600, a par exemple abandonné 5,12%, tandis, qu’à New York, le S&P 500 faisait pire, perdant 5,97%. À la Bourse de Bruxelles, le Bel 20 a connu sa séance la plus houleuse en cinq ans, perdant près d’un vingtième de sa valeur (-4,68%) ; KBC, en recul de 9,13%, n’a pas été épargnée.
Prudence face à des marchés irrationnels
La chute des valeurs bancaires s’explique par la prudence des investisseurs face à un marché en pagaille, ces derniers préférant abandonner les actifs volatils, et ce, sur tous les marchés. Un ralentissement du commerce mondial est à craindre dans les mois à venir. Les différents pays visés par les droits de douane peinent encore à se positionner face au raz-de-marée déclenché par Donald Trump ce mercredi, en ce fameux Liberation Day. Une volonté affichée, pour les États-Unis, de « reprendre les rênes » de leur balance commerciale.
Du côté de Wall Street, en cette dernière journée d’échanges de la semaine, les indices phares ont connu un destin similaire à leurs pendants européens. Le Dow Jones a abandonné 5,5 %, tandis que l’indice composite Nasdaq des plus grandes valeurs technologiques perdait 5,8% – une chute de 10% sur la semaine. Pour ce qui est des autres valeurs importantes, Apple a encore abandonné 7% tandis que Tesla a vu sa capitalisation boursière réduite de 10% sur la séance. Boeing et Caterpillar, grands exportateurs vers la Chine, ont perdu respectivement 9 et 6%.
L’Europe forcée de se positionner, en attendant le « Made in China »
Les pays membres de l’Union européenne, tiraillés entre outrage légitime et esprit conciliant, ont annoncé une réunion conjointe des ministres de l’économie ce lundi. Il semble que les pays de la zone euro, ainsi que les sept autres pays qui n’utilisent pas la monnaie commune, désirent dans un premier temps tenter de négocier avec Washington une baisse de ses prétentions, tout comme d’autres nations à travers le monde, légitimement inquiètes, l’ont déjà fait ou comptent le faire.
Dans ce contexte, et alors que les échanges entre les États-Unis et les pays membre de l’UE connaîtront à coup sûr un ralentissement prononcé, les pays membres doivent s’attendre dans les mois ou années qui viennent, à l’inverse, à un accroissement net des flux commerciaux avec Pékin. Cette nouvelle donne constituera assurément une source de débats dans les hémicycles, à Strasbourg ou à Bruxelles, tant la qualité des produits chinois n’est pas, à l’esprit des consommateurs européens, synonyme de qualité. Une occasion, peut-être, pour les décideurs européens, de tenter de mettre en avant les produits « made in EU » auprès de leurs consommateurs respectifs.
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