Alors que Bruxelles est en pleine impasse politique et croule sous les critiques — endettement record, plan mobilité décrié, insécurité croissante — le député bruxellois Les Engagés Alain Deneef appelle à un électrochoc institutionnel. Il défend des réformes structurelles ambitieuses et un aggiornamento budgétaire urgent. Entretien sans langue de bois.
21News : Tout d’abord, voyez-vous prochainement une fumée blanche pour la formation du gouvernement régional ?
Alain Deneef : Le blocage à Bruxelles est hélas bien réel. Les exclusives des uns et des autres rendent impossible la formation conjointe d’un gouvernement qui soit majoritaire, tant du côté francophone que du côté néerlandophone. Il va sans dire que ce ne sont pas Les Engagés qui sont à l’origine de ce blocage. Après que plusieurs pistes se soient révélées impraticables, il faut maintenant sérieusement envisager l’option d’un gouvernement qui soit minoritaire du côté francophone. Il faut convaincre le parti DéFi de se joindre aux MR et aux Engagés. Ce gouvernement minoritaire du côté francophone pourrait s’adjoindre une majorité du côté néerlandophone, qui pourrait au total représenter une très courte majorité sur l’ensemble du Parlement bruxellois.
Réformes de structure et vision supracommunale
21News : Bruxelles est souvent critiquée pour sa complexité institutionnelle et son inefficacité administrative. Quelles réformes proposez-vous pour simplifier la gestion de la Région et améliorer son efficacité ?
A.D. : J’ai toujours fait partie du courant régionaliste. Je suis donc partisan, avec d’autres, d’une simplification des structures de notre ville-région et des communes qui la composent. Contrairement à d’autres dans mon parti, je n’étais pas opposé à la fusion des zones de police. Dans l’ordre des priorités, j’aurais cependant commencé avec la fusion des CPAS en un CPAS unique, à gérer par la conférence des bourgmestres, dans une perspective supracommunale. Cette fusion, comme sans doute celle des communes à terme, est inscrite dans les astres.
Il y a trop d’incohérences entre le niveau communal et le niveau régional. Que l’on songe à la mobilité, à l’urbanisme, à la propreté et à d’autres encore, l’enchevêtrement des compétences ne peut pas assurer, en fin de course, une gestion cohérente des besoins de la population. Les fusions des zones de police ou des CPAS permettent, par ailleurs, d’assurer une solidarité plus grande entre communes plus riches ou moins bien nanties.
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