Le Parlement bruxellois a replongé vendredi 21 mars 2025 dans l’ambiance délétère d’une Région sans gouvernement, à l’occasion du débat sur la deuxième tranche des douzièmes provisoires. Au centre de l’hémicycle, le ministre des Finances Sven Gatz (Open Vld), physiquement seul et politiquement de plus en plus isolé, a défendu l’urgence de maintenir les services publics à flot. Mais autour de lui, les flèches ont volé bas.
Stijn Bex (Groen), dont la formation est arrivée en tête côté néerlandophone, a directement ciblé l’Open Vld pour son refus de négocier une coalition sans la N-VA, dénonçant une stratégie de parti qui mettrait la Région en péril. L’élu écologiste a aussi interpellé la cheffe de groupe libérale Imane Belguenani, accusée d’ignorer les mises en garde de son propre ministre.
Le MR a joué la prudence comptable. Clémentine Barzin a salué le « courage » de Gatz tout en réaffirmant son refus de valider un dépassement de 1,5 milliard d’euros sans garantie sur l’avenir budgétaire. Elle a pointé du doigt l’explosion des dépenses de personnel et les nouveaux prêts envisagés pour la SLRB, alors que le précédent – 150 millions d’euros – n’a toujours pas été remboursé.
Dans les travées, les absents n’ont pas été oubliés. Frédéric De Gucht, chef de file Open Vld des négociations s’est vu reprocher d’être aux sports d’hiver. « Certains sont aux commandes depuis 25 ans et trouvent encore le moyen d’aller au ski », a ironisé Jonathan de Patoul (DéFI). Zakia Khattabi (Ecolo) a enfoncé le clou en appelant à « revenir à la réalité à leur retour des pistes ». A savoir : accepter de former un gouvernement sans la N-VA.
Fouad Ahidar, toujours critique, a dénoncé une manœuvre visant à l’écarter du prochain exécutif via la création d’un poste de secrétaire d’État ad hoc. Il a néanmoins annoncé que sa formation soutiendrait cette nouvelle tranche des douzièmes provisoires, « en espérant que ce soit la dernière ».
Le PTB, par la voix de Françoise De Smedt, a dénoncé l’hypocrisie des débats budgétaires : le MR s’indigne du coût des fonctionnaires mais se garde bien de toucher aux rémunérations des députés. Marc-Jean Ghyssels (PS), plus institutionnel, a rappelé que les douzièmes ne sont qu’un pis-aller, destiné à assurer la continuité, et que la Région reste structurellement sous-financée.
La lassitude était palpable : tout le monde en convient : sans accord politique rapide, la Région s’enfonce. Mais personne ne semble prêt à ravaler ses vétos.
La Rédaction
(Photo Belgaimage)