Député Les Engagés, Mounir Laarissi reconnaît les défis auxquels la capitale est confrontée : dette explosive, bureaucratie paralysante, malpropreté chronique, commerçants en fuite… Mais face à une Région en crise de gouvernance, il plaide pour des réformes pragmatiques, loin des dogmes. Pas question de supprimer un niveau de pouvoir à la hussarde, mais un impératif : redonner efficacité, clarté et ambition à Bruxelles. Même le plan Good Move, qu’il ne renie pas, doit être repensé. Il garde l’espoir de redonner à Bruxelles les couleurs d’antan.
21News : Bruxelles est une ville où l’empilement des institutions tourne parfois au ridicule. Ne faut-il pas tout simplement supprimer un niveau de pouvoir, quitte à affronter des résistances politiques et communautaires ?
M.L. : Sur le constat, vous avez raison : la Région de Bruxelles-Capitale présente une architecture institutionnelle particulièrement complexe. Toutefois, gardons-nous de conclusions hâtives. Cette configuration résulte de compromis entre néerlandophones et francophones, entre différents niveaux de pouvoir. Supprimer l’un ou l’autre niveau de pouvoir, c’est remettre en question ces fragiles équilibres. Cela ne signifie pas pour autant que toute réflexion institutionnelle soit interdite. Le système électoral actuel, par exemple, constitue l’une des principales causes de l’impasse politique que nous connaissons et nécessite une réforme en profondeur. Mais ces évolutions doivent s’opérer avec prudence et discernement, sous peine d’accentuer les clivages au sein de la population bruxelloise. Une partie de votre question concerne l’efficacité de l’appareil régional. Sans aucun doute, la situation budgétaire de la Région bruxelloise l’obligera à faire avec moins de moyens. Si la Région n’est pas capable d’améliorer son efficacité, les services aux citoyens en pâtiront. L’efficacité de l’appareil régional : voilà un enjeu qui va nous préoccuper tout au long de cette législature !
21News : La dette bruxelloise explose alors que la Région peine déjà à assurer ses missions de base. Jusqu’où Bruxelles peut-elle s’endetter avant de finir sous tutelle ? Faut-il envisager un plan de rigueur ?
M.L. : Il n’existe pas de seuil d’endettement au-delà duquel une tutelle serait automatiquement imposée à la Région bruxelloise. Celle-ci n’est d’ailleurs pas prévue dans la loi, les régions étant autonomes. Toutefois, le risque demeure que l’accès aux marchés financiers devienne de plus en plus difficile, nous contraignant à solliciter l’aide du Trésor fédéral. Un tel emprunt pourrait être assorti de conditions strictes, notamment la mise en oeuvre de réformes structurelles.
Nous voulons à tout prix éviter ce scénario et préserver l’autonomie de Bruxelles. C’est la raison pour laquelle nous nous battons pour constituer au plus vite un gouvernement bruxellois capable de redresser les finances publiques et de mener les réformes indispensables.
« Le Plan Good Move partait d’une intention louable »
21News : Le plan Good Move a provoqué une levée de boucliers, y compris chez des Bruxellois qui soutiennent pourtant l’écologie. N’est-ce pas la preuve qu’il a été mal conçu et imposé de manière dogmatique ?
M.L. : Le plan Good Move partait d’une intention louable : rendre Bruxelles plus respirable, plus fluide et plus sûre. Et sur le fond, de nombreux Bruxellois soutiennent cette vision d’une ville plus apaisée. Mais ce qui a suscité la levée de boucliers, ce n’est pas l’objectif écologique lui-même (que beaucoup partagent), c’est la manière dont il a été conçu et surtout imposé, parfois sans concertation suffisante avec les habitants, les commerçants, ou les communes concernées. Cette approche perçue comme verticale, voire dogmatique, a créé des tensions inutiles et, dans certains cas, a fragilisé l’adhésion citoyenne à la transition écologique.
Chez Les Engagés, nous pensons que la mobilité durable ne peut pas être décrétée d’en haut. Elle doit se construire avec les citoyens, les acteurs de terrain et les réalités locales. C’est pourquoi nous voulons repenser Good Move, en gardant les objectifs, mais en changeant profondément la méthode : une concertation préalable systématique, une évaluation continue des impacts sur la vie locale, et des ajustements rapides quand c’est nécessaire.
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