Commerce en berne, criminalité endémique, quartiers enclavés, administrations asphyxiantes… Le député bruxellois Mounir Laarissi ne nie pas les problèmes. Mais pour ce député Les Engagés, la résignation n’est pas une option. Il plaide pour un sursaut : plus de sécurité, moins de bureaucratie, un soutien réel à l’entrepreneuriat et une politique d’intégration qui parle à tous. Car si Bruxelles est en crise, elle n’est pas irrémédiablement perdue.
21News : Certains courants politiques semblent hostiles envers les entrepreneurs (pensons à la suppression systématique des places de parking dans les rues). Bruxelles semble tout faire pour faire fuir les investisseurs et les commerçants. Est-ce un choix assumé ou une dérive à corriger d’urgence ?
L.M. : Bruxelles ne fait pas délibérément fuir les investisseurs et les commerçants ! Néanmoins, elle ne déploie pas suffisamment d’efforts pour les attirer et les fidéliser. Dans un contexte international de plus en plus instable, les acteurs économiques bruxellois ont besoin de visibilité et de prévisibilité. Le BECI et l’UCM soulignent à juste titre que l’absence d’un gouvernement de plein exercice maintient ces acteurs dans une incertitude préjudiciable. Les décisions d’investissements stratégiques concernant la transition énergétique, la transition numérique, ou encore le renforcement des capacités de défense européennes se prennent actuellement. L’absence d’un gouvernement de plein exercice capable d’établir des orientations claires et de créer un environnement économique favorable pèse lourdement sur les perspectives des entreprises bruxelloises.
« Bruxelles ne se donne pas les moyens de ses ambitions. »
21News : Bruxelles se donne-t-elle tous les atouts pour faciliter les créations d’entreprise ? Faut-il faire plus ?
L.M. : Non, Bruxelles ne se donne pas les moyens de ses ambitions. Et oui, il faut en faire beaucoup plus. Tous ceux qui ont déjà tenté de créer une entreprise à Bruxelles savent à quel point le parcours est semé d’embûches. Pourtant, le rôle des institutions régionales est clair : elles doivent favoriser un environnement propice au développement de l’activité économique. Force est de constater que ce n’est pas le cas. L’IBSA le confirme : la création d’entreprises stagne en Région bruxelloise depuis 2016. Plus inquiétant encore, le tribunal de l’entreprise de Bruxelles tire la sonnette d’alarme : en 2024, près de 1 900 faillites ont été enregistrées, soit une hausse de 15 % par rapport à 2023, contre seulement 7 % au niveau national. À cela s’ajoute un nombre croissant de dissolutions judiciaires. Il est temps de répondre aux appels du monde économique : Bruxelles a besoin de plus de sécurité, d’une fiscalité compétitive, d’une simplification administrative réelle, et d’investissements dans les secteurs d’avenir – en particulier dans l’intelligence artificielle.
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