L’Allemagne tourne progressivement le dos à ses zones à faibles émissions (ZFE), pourtant instaurées dès 2008 pour lutter contre la pollution urbaine, détaille Le Figaro.
Tübingen, ville universitaire réputée pour son engagement écologique, a supprimé sa ZFE en juin 2024, estimant que les seuils européens de pollution sont respectés depuis des années. Une quinzaine d’autres villes, dont Hanovre, Heidelberg ou Erfurt, ont suivi le mouvement. Les limitations de vitesse et autres mesures de restriction sont elles aussi allégées, dans un contexte où les véhicules les plus polluants ont disparu du parc automobile. D’autres villes comme Brême et Stuttgart conservent leur ZFE, estimant la situation pas encore satisfaisante.
En toile de fond, l’Allemagne se prépare aux nouveaux plafonds d’émission plus stricts que l’Union européenne prévoit pour 2030. Mais les collectivités locales, déjà en première ligne, dénoncent une inégalité de traitement : elles ont réduit la circulation automobile, développé les transports publics et favorisé les mobilités douces, sans réel effort équivalent du côté des industries, des constructeurs automobiles ou du secteur agricole. « La meilleure manière de réduire les polluants est encore de les empêcher à la source », dénonce Markus Lewe, président de l’Association des villes allemandes.
La Rédaction
(Photo Matthias Balk/dpa : la ville d’Erfurt)