Le 17 mars 2025, lors du quatrième Conseil de politique nucléaire (CPN) tenu à l’Élysée, Emmanuel Macron a marqué un tournant stratégique dans la politique énergétique française. Trois axes majeurs ont été annoncés, résume Le Point :
Le financement des EPR2, avec la construction de six nouveaux réacteurs sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey. Estimé à 67-100 milliards d’euros, ce projet sera soutenu par un prêt d’État couvrant au moins la moitié des dépenses et un contrat pour différence (CFD) garantissant un prix de 100 €/MWh pour EDF. L’objectif initial de mise en service en 2035 glisse néanmoins vers 2038.
Le retour des réacteurs à neutrons rapides (RNR), technologie abandonnée en 2019 avec l’arrêt du programme Astrid. Ces réacteurs permettraient de recycler le plutonium et d’exploiter l’uranium appauvri, offrant une indépendance énergétique durable à la France. EDF, Framatome, Orano et le CEA ont pour mission de présenter un plan industriel d’ici fin 2025.
Une rationalisation des petits réacteurs modulaires (SMR). Parmi la douzaine de projets en cours, seuls les plus avancés bénéficieront du soutien de l’État. Le projet Calogena, jugé le plus viable, pourrait voir un démonstrateur opérationnel d’ici 2030.
Et la Belgique ?
La Belgique, historiquement engagée dans une sortie progressive du nucléaire, reconsidère sa stratégie énergétique. Le gouvernement fédéral envisage de doubler la capacité nucléaire, passant de 4 à 8 GW d’ici 2035, via la prolongation des réacteurs existants et la construction potentielle de nouveaux.
Par ailleurs, la Flandre explore les petits réacteurs modulaires (SMR), avec des décisions attendues d’ici la fin de l’année. Le SCK CEN, centre d’étude nucléaire belge, développe déjà un prototype de SMR refroidi au plomb prévu pour 2035.
Le nucléaire qui est pilotable, au contraire des éoliennes, est de plus en plus perçu comme un pilier de la transition bas-carbone.
La Rédaction
(Photo : Camille Moirenc / Hemis via AFP)