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Mandat d’arrêt de la CPI contre Netanyahu : Bart De Wever plaide le réalisme face à une justice internationale politisée

par A.G.

Faut-il arrêter Benyamin Netanyahou si la Cour pénale internationale le demande ? Invité jeudi soir sur la VRT, Bart De Wever a préféré ne pas jouer les hypocrites. Son message est clair : le droit international ne saurait être instrumentalisé, surtout quand il s’agit de leaders démocratiquement élus.

« Pour être honnête, je pense que nous ne le ferions pas non plus », a déclaré Bart De Wever au sujet du refus de la Hongrie d’arrêter le Premier ministre israélien, visé par un mandat d’arrêt de la CPI. À ses yeux, peu d’États européens s’y risqueraient. « Il y a aussi la realpolitik », a-t-il ajouté, tout en regrettant que la Hongrie ait formellement quitté la Cour pénale internationale.

Ce rappel au principe de réalité n’a pas plu à tout le monde. Les Verts ont immédiatement dénoncé une « sortie de l’ordre international ». Le député Staf Aerts (Groen) évoque même un « virage énorme » dans la politique étrangère belge. Le PTB y voit un soutien implicite à Israël dans le conflit en cours. Mais au-delà des postures idéologiques, De Wever pointe surtout un malaise juridique réel.

Une incertitude juridique réelle

La question est en effet loin d’être tranchée, comme le confirme le professeur de droit international Steven Dewulf (Université d’Anvers). Selon lui, l’exécution d’un mandat de la CPI à l’encontre d’un chef d’État d’un pays non signataire – comme Israël – pose problème. « Il n’est pas prévu que ces mandats soient exécutés de manière automatique », rappelle-t-il. Même au sein du traité, le principe d’immunité soulève débat. Et en dehors, il pourrait tout simplement prévaloir.

Faut-il alors sacrifier les relations diplomatiques avec un allié historique, dans un contexte de guerre au Proche-Orient, au nom d’un principe juridique flou et controversé ? C’est toute la question posée par Bart De Wever, sans faux-semblants.

Principe de réalité

Car il ne s’agit pas ici de défendre ou d’attaquer Netanyahou, mais de garder la tête froide face à une justice internationale parfois sélective. Le Premier ministre israélien, chef d’un État démocratique confronté à des attaques terroristes, mérite – au minimum – un traitement équilibré. Ce que la CPI, aux yeux de nombreux observateurs, ne garantit plus.

L’ancien Premier ministre Alexander De Croo avait certes déclaré que la Belgique appliquerait le mandat si l’occasion se présentait. Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a répété cette ligne. Mais dans les faits, comme le montre l’exemple hongrois, et peut-être demain celui d’autres capitales européennes, la question reste largement ouverte.

A.G.

(Photo Belgaimage)

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