Accueil » Rudy Aernoudt : « L’Open Vld est ingouvernable, le MR pourrait s’implanter en Flandre »

Rudy Aernoudt : « L’Open Vld est ingouvernable, le MR pourrait s’implanter en Flandre »

par A.G.

Rudy Aernoudt, tout juste nommé chef de cabinet de Georges-Louis Bouchez, ne croit plus à un avenir pour l’Open Vld. Dans un entretien accordé au média nationaliste flamand Het Pallieterke, il règle ses comptes avec un parti qu’il juge incapable de se réformer. Face à ce vide libéral en Flandre, le MR se voit pousser des ailes : antennes flamandes, alliance avec la N-VA ou implantation directe… Plusieurs scénarios sont sur la table.

Rudy Aernoudt n’y va pas par quatre chemins : l’Open Vld est en fin de vie politique. Un petit parti éclaté en plusieurs chapelles irréconciliables, dont il trace un portrait féroce : « Vous avez encore quelques D66’ers (NDLR : référence au parti néerlandais D66, social-libéral et progressiste), des vieux crocodiles qui traînent, et une minorité plus bleu foncé qui a déjà déserté. »

Le constat : un Open Vld au bout du rouleau

Pour Aernoudt, ce cocktail mène droit dans le mur : « Avec tout le respect dû à Eva De Bleeker, on ne retourne pas un paquebot échoué sur du sable mouvant. » Le chef de cabinet balaie l’idée que le MR puisse venir au secours de son ancien partenaire : « On ne joue pas les services de réanimation pour un parti qui n’a plus de cap. Et absorber l’Open Vld ? Ce serait aussi absorber sa misère. »

Le diagnostic est sans appel : manque d’unité, cacophonie idéologique, opportunisme personnel des anciens présidents. Le contraste est cruel avec le passé glorieux du VLD, qui culminait à plus de 20 % lors de son apogée. Aujourd’hui, il plafonne à 6 % dans les sondages.

Le projet : un MR Vlaanderen ?

Ce vide à droite en Flandre, le MR compte bien l’occuper. Rudy Aernoudt le dit clairement : l’idée de créer une structure flamande du MR est devenue concrète. « Si Georges-Louis Bouchez voit une opportunité sur le marché politique flamand, il la saisira. »

Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus large : celle de reconstruire des partis nationaux dans un État fédéral éclaté. « Si je vote pour un gouvernement belge, je veux voter pour un parti qui veut représenter la Belgique entière. Aujourd’hui, ce n’est pas possible. »

Aernoudt plaide pour des formations présentes de part et d’autre de la frontière linguistique – ou au moins capables de coopérer étroitement. Le PTB-PVDA y parvient. Ecolo et Groen aussi, dans une certaine mesure. Mais le duo MR–Open Vld est, selon lui, devenu impossible.

Un partenaire libéral en Flandre ? Pourquoi pas la N-VA

Et si le véritable partenaire du MR n’était plus l’Open Vld, mais… la N-VA ? À première vue, l’idée peut surprendre. Mais sur le terrain économique et social, les convergences sont réelles : volonté de réduire les abus dans la sécurité sociale, soutien à l’entrepreneuriat, rigueur budgétaire.

Seule ombre au tableau : l’article 1 du programme de la N-VA, qui prône l’indépendance de la Flandre. Pour Aernoudt, ce point est un vestige idéologique en décalage avec les priorités actuelles : « Si la N-VA veut être le parti libéral de la Flandre, elle doit retirer le point numéro un de son programme. »

Il nuance cependant : « J’ai toujours été opposé à la scission du pays, mais je comprends ceux qui y sont favorables, vu la mauvaise gestion dans le sud. » Or, justement, la Wallonie – désormais dirigée par la droite – affiche des ambitions de redressement économique. Dès lors, l’argument séparatiste perd de sa force.

L’implantation d’un MR-Vlaanderen reste cependant un engagement à moyen terme.

A.G.

(Photo Belga : Éric Vidal)

You may also like

21News est un média belge francophone qui promeut la liberté, l’entrepreneuriat et la pluralité d’opinions.

Sélections de la rédaction

Derniers articles

Êtes-vous sûr de vouloir débloquer cet article ?
Déblocages restants : 0
Êtes-vous sûr de vouloir annuler l'abonnement ?