C’est une première ! Du jamais vu ! Le Rwanda vient de rompre ses relations diplomatiques avec la Belgique. Les diplomates belges en poste à Kigali ont 48 h pour plier bagages. Pour le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés), cette décision est « disproportionnée » et « illustre que lorsque nous sommes en désaccord avec le Rwanda, celui-ci préfère ne pas dialoguer ». Et d’avancer comme preuve le refus de son homologue rwandais, pourtant de passage la semaine dernière à Bruxelles, de décliner une entrevue.
Dans un communiqué, le ministre Prévot ajoute que « la Belgique réfute les déclarations du président Paul Kagame faites ce week-end ainsi que les raisons invoquées pour justifier la décision rwandaise. La Belgique ne cherche ni à punir ni à affaiblir le Rwanda, encore moins en fonction d’un passé colonial dont elle a pris ses distances depuis longtemps. Il s’agit d’une déformation totale des faits ». Et « la seule boussole de la Belgique continuera à être le respect des droits humains, de l’État de droit et du droit international humanitaire ».
Et de conclure : « Cette position est partagée par toute l’Union européenne ainsi que par d’autres partenaires internationaux, dont le G7. Ceci montre qu’il ne s’agit pas d’une position isolée et que la Belgique n’a pas besoin de convaincre ses partenaires. »
Des relations tumultueuses
Suite à la décision de Kigali, les diplomates rwandais sont invités eux aussi à quitter la Belgique. La rupture des liens diplomatiques entre les deux pays est une première même si depuis son indépendance les relations entre le Rwanda et son ancien tuteur mandaté par la SDN au lendemain de la Première Guerre mondiale se sont rarement apparentés à un long fleuve tranquille.
C’est surtout après le génocide des Tutsis et Hutus modérés, suivi par la prise du pouvoir par le FPR de Paul Kagame en 1994, que les liens se sont distendus. Dès novembre 1996, Kigali lance une l’offensive à l’est du Zaïre pour éliminer les génocidaires hutus du FDLR réfugiés sur place. Les camps à Goma et Bukavu sont vidés et les Hutus poussés à rentrer au Rwanda. Une transhumance de centaines de milliers de personnes.
Les troupes rwandaises traquent les FDLR à travers tout le Zaïre. Leurs avances permettent à l’AFDL de Laurent Désiré Kabila de renverser le maréchal Mobutu et de proclamer la république démocratique du Congo en mai 1997.
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